« Il faut gagner au moins 4 000 € par mois pour acheter aujourd’hui. » Cette phrase, on l’entend partout, et elle décourage à tort beaucoup de candidats à l’achat. La vérité est plus nuancée : le salaire pour acheter dépend du montant que vous empruntez, de la durée du prêt et du taux du moment — pas d’un seuil magique valable pour tout le monde. En 2026, avec des taux stabilisés, on peut chiffrer assez précisément le revenu nécessaire pour emprunter 150 000, 200 000 ou 300 000 €. Spoiler : c’est souvent plus accessible qu’on ne le croit, surtout à deux. Voici les chiffres, et tout ce qui peut les faire bouger.
D’où vient le salaire « minimum » : la règle des 35 %
Avant les chiffres, le mécanisme. En France, les banques sont tenues de respecter une règle simple : vos mensualités de crédit ne peuvent pas dépasser 35 % de vos revenus nets, assurance comprise. C’est le fameux taux d’endettement, encadré par le Haut Conseil de stabilité financière et maintenu en 2026.
Le raisonnement se fait donc à l’envers de ce qu’on imagine. On part du montant à emprunter, on en déduit la mensualité (selon la durée et le taux), puis on remonte au salaire nécessaire : il suffit que cette mensualité représente au maximum 35 % du revenu. Si votre mensualité est de 1 000 €, il vous faut donc gagner au moins 2 860 € nets par mois. C’est toute la logique du salaire pour acheter : il découle de la mensualité, pas l’inverse.
Le salaire pour emprunter 150 000 €
Commençons par un montant accessible, typique d’un premier achat en province ou d’un petit appartement. Aux taux moyens de 2026 (environ 3,45 % sur 20 ans, 3,55 % sur 25 ans), emprunter 150 000 € suppose :
- Sur 20 ans : une mensualité d’environ 865 €, soit un salaire net d’environ 2 500 € par mois.
- Sur 25 ans : une mensualité d’environ 755 €, soit un salaire net d’environ 2 150 € par mois.
Allonger la durée réduit le revenu exigé, au prix d’un coût total plus élevé. Pour un couple, le calcul s’applique aux revenus cumulés : deux salaires de 1 100 à 1 300 € suffisent largement à viser ce montant. De quoi remettre en perspective l’idée que l’achat serait réservé aux hauts revenus.
Le salaire pour emprunter 200 000 €
C’est le montant médian de nombreux projets : maison de ville en région, grand appartement, premier achat en zone urbaine moyenne. Pour emprunter 200 000 € en 2026 :
- Sur 20 ans : mensualité d’environ 1 155 €, soit un salaire net d’environ 3 300 € par mois.
- Sur 25 ans : mensualité d’environ 1 005 €, soit un salaire net d’environ 2 900 € par mois.
Là encore, à deux, l’objectif devient nettement plus atteignable : deux salaires d’environ 1 500 € nets ouvrent la porte d’un emprunt de 200 000 € sur 25 ans. C’est typiquement le profil d’un jeune couple d’actifs, et c’est l’un des scénarios les plus courants que l’on rencontre sur le terrain.
Le salaire pour emprunter 300 000 €
On monte d’un cran, vers les zones tendues ou les biens familiaux. Emprunter 300 000 € exige des revenus plus solides :
- Sur 20 ans : mensualité d’environ 1 730 €, soit un salaire net d’environ 4 950 € par mois.
- Sur 25 ans : mensualité d’environ 1 510 €, soit un salaire net d’environ 4 300 € par mois.
À ce niveau, un achat en solo suppose un très bon revenu, mais à deux, l’addition de deux salaires de 2 200 à 2 500 € rend l’objectif réaliste. C’est aussi à partir de tels montants que l’apport et l’optimisation de l’assurance prennent toute leur importance pour rester dans les clous.
Ce qui fait varier ces chiffres (dans les deux sens)
Ces estimations sont des points de repère, calculés pour un emprunteur sans autres charges et hors assurance. Plusieurs éléments peuvent les modifier sensiblement.
D’abord, vos crédits en cours. Un prêt auto ou un crédit conso vient s’imputer sur vos 35 % et réduit d’autant la place disponible pour le prêt immobilier. À salaire égal, deux emprunteurs n’ont pas la même capacité selon leurs dettes.
Ensuite, l’assurance emprunteur, qui s’ajoute à la mensualité dans le calcul des 35 %. Une assurance chère grignote votre capacité ; une assurance déléguée bien choisie la préserve.
Enfin, l’apport personnel. Il ne change pas le salaire requis pour une somme empruntée donnée, mais il réduit le montant à emprunter pour un même bien — et donc, indirectement, le revenu nécessaire. Sans compter qu’un bon apport rassure la banque et peut faire baisser votre taux.
L’erreur classique : oublier le coût total du projet
Voici le piège que je voyais le plus souvent quand je conseillais des acheteurs. Beaucoup calculaient le salaire nécessaire pour emprunter le prix du bien… en oubliant que le prix affiché n’est pas le coût final. Les frais de notaire, eux, viennent en plus : comptez 7 à 8 % dans l’ancien. Pour un bien à 200 000 €, ce sont 15 000 € supplémentaires à financer, généralement via l’apport.
Le bon réflexe consiste donc à raisonner en budget global : prix du bien, plus frais de notaire, le tout rapporté à votre revenu et à votre apport. Sans cette vision d’ensemble, on se fixe un objectif salarial trop optimiste et on déchante au moment du financement. Mieux vaut intégrer tous les postes dès le départ.
Comment connaître votre propre chiffre
Les fourchettes ci-dessus donnent une bonne idée, mais votre situation personnelle — revenus exacts, crédits en cours, apport, durée souhaitée — mérite un calcul sur mesure. C’est en quelques minutes que vous pouvez transformer ces repères en estimation précise.
Le plus simple : partez de votre revenu et faites le chemin inverse avec l’outil capacité d’emprunt de HomeBe, qui vous dit combien vous pouvez réellement emprunter, puis affinez la mensualité visée avec le simulateur HomeBe. En croisant les deux, vous saurez non seulement quel salaire correspond à votre projet, mais aussi quel bien il met à votre portée.
En résumé
Le salaire pour acheter en 2026 se calcule à partir de la règle des 35 % et du montant emprunté : comptez environ 2 500 € nets par mois pour 150 000 € sur 20 ans, 3 300 € pour 200 000 €, et 4 950 € pour 300 000 €, des seuils qui baissent en allongeant la durée et qui se partagent à deux. Vos crédits en cours, votre assurance et votre apport font bouger ces chiffres, et les frais de notaire s’ajoutent toujours au prix du bien. Plutôt que de vous fier à un seuil entendu de-ci de-là, calculez votre situation réelle avec les outils HomeBe — vous pourriez être agréablement surpris.
L’immobilier accessible à tous.
